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"Syrie-Belgique - Du silence au dessin"- Hossam Al Saadi
"Syrie-Belgique - Du silence au dessin"- Hossam Al Saadi
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"Syrie-Belgique - Du silence au dessin"- Hossam Al Saadi
"Syrie-Belgique - Du silence au dessin"- Hossam Al Saadi

Rencontre avec Hossam Al Saadi samedi 14/10

et Zoubida Mouhssin, Daniel Simon

 

Bibliothèque Sésame-220 Bld Lambermont 1030 Schaerbeek

13-15 h -

Entrée libre - boissons offertes - Dédicaces

BIENVENUE

 

 

Offert...

À ma fille syrienne.

Aux enfants syriens et à leur avenir, ceux-là même qui représentent une civilisation vieille de plus de10.000 ans.

Nous étions syriens, nous le sommes encore et nous le resterons.

 


شكر خاص للكاتب دانيل سيمون والسيدة زوبيدة محسن

Remerciements particuliers à l'écrivain Daniel Simon et à Zoubida Mouhssin

 

 

Il y a moins d’un an, Zoubida Mouhssin, m’a présenté Hossam Al Saadi.

Le projet de ce livre est né grâce à elle.

Merci encore à:

Daniel Fano qui me présenta Vincent Baudoux,

Vincent Baudoux pour sa préface et son épouse (pour le suivi de la traduction anglaise)

Michel Oleffe pour la traduction anglaise, l’attention et la générosité,

Filip Langenbick-Boeypour pour sa traduction néerlandaise

Jean Jauniaux pour le Pen Club Belgique,  

Cartoonists for peace,

…Joëlle Salmon pour le graphisme et la mise en page et Pierre Bertrand pour son accueil chez Couleur livres et son soutien à la diffusion.

 

Début de la préface de Vincent Baudoux

 

 

Sang d’encre

 

L’exil d’un dessinateur de presse issu d’un pays en guerre est une épreuve particulière, car s’il permet de travailler sans crainte des représailles, le confort relatif où il se trouve amplifie sa rage d’être à la fois éloigné et impuissant face à la détresse des habitants de son pays à feu et à sang.

Si nombre d’images proposées par Hossam Al Saadi rejoignent les représentations classiques du genre, certaines surprennent agréablement par des petites différences n’échappant pas au lecteurattentif. Deux enfants s’accrochent à une portée musicale parmi les notes (une double croche, un si) que l’on devine chantées par quelques oiseaux. Une mélodie harmonieuse donc. Sauf que les horizontales de la portée sont aussi, et même d’abord, des fils barbelés. Lu de cette manière, le scénario s’inverse : les oiseaux chantent tandis que les enfants sont prisonniers, n’ayant que leurs oreilles pour imaginer ce qu’est que d’être libres et heureux. La musique, un des arts les plus primitifs, avec les incantations, les rythmes, les scansions, les prosodies, les mélopées pratiquées depuis des millénaires par des peuples ignorant l’écriture ou ce que nous appelons "la civilisation", et qui pourtant nous différencie des animaux. La portée indique qu’il s’agit de la musique telle que l’Occident l’a codifiée, le solfège, grammaire rigoureuse accessible seulement aux élites. La prison deux fois, la liberté deux fois : cette image propose une double interprétation contradictoire. Comment parler de l’horreur de manière positive ? C’est de ce paradoxe que l’auteur nous entretient en noir sur blanc, sans nuances.

Une variation est proposée avec cette gamine agrippée aux barreaux de sa prison. Une larme exsude de son œil tandis qu’une rose (symbole d’un bonheur éphémère et fragile qu’un rien peut faner) est accrochée à son corsage, telle une profession de foi. Quel est donc ce régime qui jette ainsi une enfant en prison ? On la devine immobile, depuis longtemps déjà, son désespoir est absolu. Toutefois – en a-t-elle conscience ? - le métal froid bourgeonne. Quelle sera sa réaction en découvrant que la sève ensemence inexplicablement ce qui est mort, que la vie finit toujours par reprendre le dessus, ce que pour l’instant ses yeux clos ignorent ? Quelle que soit la désespérance, la vie continue, de manière imprévisible, en toutes circonstances, même les pires. Tant qu’il y aura des enfants, il faut y croire, malgré tout, car la jeunesse est notre futur, évidence qu’on ne mesure pas toujours.

Une portée musicale qui s’anime, les barreaux métalliques prenant vie, ce dispositif peut s’appliquer à tout objet, partie de corps humain, logo ou symbole visuel. Ainsi le président russe Poutine joue de la guitare, la caisse de résonance étant le visage de Bachar el-Assad, à moins qu’il ne joue de la flûte traversière avec son nez de Pinocchio. La typographie du mot "SYRIA" s’effondre comme les immeubles ravagés par les bombardements, mais de ces ruines des oiseaux (de blanches colombes de la paix?) s’envolent dans le ciel. La destruction se change en fécondation, espoir d’un monde meilleur. Mais ce serait trop de bonheur : non seulement la dernière lettre ("A") s’altère en une une tente où s’abrite un réfugié accroupi, alors que depuis le début le ciel était d’un noir d’encre. Non point qu’il fasse nuit, mais c’est le moyen graphique choisi par Hossam Al Saadi (comme dans les images évoquées ci-dessus) pour obtenir d’avantage d’intensité dramatique. L’efficacité visuelle est optimale, car si les contrastes sont violents, à l’image de la scène qu’ils décrivent, les quelques hachures qui pourraient les adoucir sont rares, juste assez pour signifier un léger modelé où l’une ou l’autre plage d’ombre n’entravent jamais leur force. Chacune de ces images est cadrée au plus serré, sans décor, sans la moindre échappatoire spatiale, elle percute le regard en collision frontale.

(...)

 

 

L’auteur, Hossam Al Saadi est un caricaturiste syrien né en 1978. Il découvre la caricature à l’âge de 13 ans et à 16 ans, il participe à un concours organisé au sein de son école dans la ville d’Al Suweida. Il obtient le premier prix. Mais son style contestataire attire l’attention des services de renseignements syriens qui lui interdisent de poursuivre dans cette voie. Hossam cesse toute activité artistique. Il finit ses études et travaille dans le secteur commercial. En 2008, il ouvre son «coffee-shop». En mars 2011, la révolution syrienne éclate. Hossam Al Saadi rejoint les opposants au gouvernement sans pour autant reprendre le crayon. Très vite, il subit de nouvelles pressions et son café est fermé. En 2012, craignant pour sa vie, l’artiste se réfugie au Liban où il renoue avec la caricature après 18 ans d’absence. Après six mois passé au Liban, il se rend en Jordanie où il se rallie à la coalition d’opposition, la National Coalition of Syrian Revolution and Opposition Forces. 3 Puis il s’en va à Istanbul où avec trois autres artistes, il peint une toile de 440 m2 où figurent les noms des 12490 enfants syriens morts depuis le début de la révolution. En 2014, Hossam est invité à exposer sa toile au Parlement Européen à l’occasion de la Journée Internationale de l’Enfant. Elle est envoyée à Bruxelles mais le caricaturiste se voit refuser son visa. Il décide de prendre « la route des Balkans » afin de suivre sa toile et de demander l’asile politique. Il est reconnu comme réfugié politique en juin 2016.

 

PAPIER EDITION 100 GR, COUVERTURE COULEUR VERNIS MAT, FORMAT 19 X 25 CMS, 70 PAGES. 45 DESSINS, PREFACE DE VINCENT BAUDOUX (FRANCAIS, NEERLANDAIS ET ANGLAIS), 18 euros, ISBN: 978-2-93078-326-0. Envoi gratuit pour Belgique et France.

 

 

Chez votre libraire préféré dès le 1er novembre (Commandez si pas présent - Merci)

 

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