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Deux lectures dans Bruxelles Culture: Caròla et Fano
Deux lectures dans Bruxelles Culture: Caròla et Fano

L’INTERCEPTEUR DE FANTÔMES

Daniel Fano aurait dû faire carrière dans les chemins de fer. La fée qui s’est penchée sur son berceau lui a permis d’écrire avec facilité, d’être édité dès le début des années 70 et de prendre activement part à la vie littéraire belge.

Avec une modestie jamais dénuée d’un réel talent de plume, il aligne les textes et ne cesse jamais de se remettre en question. Il a fallu l’insistance des éditions Traverse pour faire naître sur papier « L’intercepteur de fantômes », une balade dans les souvenirs de l’auteur qui tente de retrouver une poignée de personnages qui ont marqué son parcours. Du coup et au fil de chapitres courts, il exhume des visages adorés ou admirés et les expose en pleine lumière.

Sans perdre de temps, il convie également le lecteur à sa suite à travers les rues de Bruxelles pour fouler le dallage du Passage 44 et les pavés de la place Saint-Boniface et de la place De Brouckère. Volontairement, il évite les regrets et la nostalgie, afin de se focaliser sur l’essentiel et ne retenir que la vie artistique, vrai vivier en mouvement perpétuel, avec une évocation sans failles de la revue Luna-Park ou le Théâtre laboratoire Vicinal. Les références abondent, ainsi que les noms.

L’opportunité de se familiariser avec Marc Dachy, Martine et Philippe Dufrenne et un certain B. Palmer (double de l’auteur ?). Forcément, des images défilent devant les yeux …

Ed. Traverse -105 pages Daniel Bastié

 

LE DIEU DES PIERRES

 

Lorenzo Caróla parle d’un passé que les plus jeunes ne peuvent pas connaître. Un temps où l’initiation sexuelle passait par les bordels d’ici ou d’ailleurs et où les adolescents s’activaient à perdre leur pucelage pour devenir des hommes, encouragés par les aînés. L’auteur raconte de quelle manière son père l’a initié aux plaisirs de la chair, à la fois incontournables sur le plan de la procréation et nécessité narcissique.

Sans grands effets lyriques et avec un ton racé, il décrit une humanité fragile, acceptant d’aller à la rencontre d’elle-même, et de narrer de quelle manière on grandit dans certaines familles bourgeoises.

Récit d’initiation autant que roman, « Le dieu des pierres » nous emporte en Italie et le long des berges du Nil à la rencontre d’une existence sans tabous, de réflexions sur le présent, le futur et la quête de soi. Au demeurant, l’auteur nous gratifie d’un livre haletant, pétri de sentiments et d’une pertinence contagieuse.

La chronique d’une époque sous forme d’autobiographie romancée et romanesque !

Ed. Traverse – 232 pages

Paul Huet 

 

 

Tag(s) : #Articles
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