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Lorenzo Cecchi, La solitude des anges gardiens, nouvelles, éditions Traverse, 2020, 17 euros

Quatre récits nous plongent dans les vies ordinaires et les destins contrariés de familles italiennes habitant du côté d’Ancône ou de l’Ombrie, ou bien émigrées en Belgique.

On reconnaît d’emblée l’écrivain pour sa plume à la fois acérée et enlevée, ses mots souvent familiers, et la façon dont il manie réalité et fiction.

Lorenzo Cecchi sait raconter des histoires. C’est sûr, ses personnages ont l’air vrais, ses récits sentent le vécu.

Peintures de mœurs et de société, chroniques de pans de vie, il nous fait entrer au sein des familles, dans l’intimité des couples, dans le monde mouvant du travail.

Mais les récits sont loin d’être statiques. Ça bouge, ça vit de tous les petits drames ordinaires. Il est question d’amour, d’amitié, de jalousie, de tout ce qui agite les jours et les nuits des hommes et des femmes. On se laisse entraîner par des histoires de boulot trop envahissant, de chantiers de construction où se côtoient sans toujours se comprendre italiens et polonais, de femmes aimées désireuses d’indépendance, d’amants et de maîtresses.

Et l’on ne sait pas toujours à quel moment une certaine réalité dérape vers la pure fiction, parfois même sur un véritable polar…

Le premier récit, Felice-Jambe-de-Bois, situé après la guerre, en 1948, est particulièrement fort, où l’on voit que les fascistes (qui avaient parfois si peu conscience qu’ils l’étaient) continuaient partout une petite existence commune. « Pierino, le gentil Pierino, caro Felice, qui était-il vraiment ? Carabinier, jardinier, mais encore ? On ne connaît pas ceux qu’on côtoie. Non, on ne sait jamais… »

Si les livres de Lorenzo nous touchent tellement, c’est parce que l’auteur parvient à rendre ses personnages attachants malgré leur banalité, leur solitude désespérée, leurs faiblesses et manquements et parfois même leurs pires facettes. Car Lorenzo, on le voit, aime les gens. Nous avons déjà rendu compte, à l’occasion de ses précédents ouvrages, de sa sensibilité authentique et sincère et de son sens profond de l’humain.

Lorenzo Cecchi nous touche, il nous remue aussi un peu, par les vrais questionnements qu’il essaime mine de rien, au détour d’une phrase, sur nos destinées, sur les relations si compliquées nouées entre les gens et avec les proches.

Martine Rouhart

 

 

 

Tag(s) : #Articles
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