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Soigner et écrire.

 

Marie Bruyns, médecin, humaniste, écrivaine vient de nous quitter en juillet après une vie consacrée à soigner un peu partout sur la planète dans les zones de guerre.

Née en 1944, Marie Bruyns a exercé comme médecin à Oran (Algérie), puis gynécologue à Bruxelles et médecin humanitaire depuis 1994.

 

Jeune, elle pratique l’écriture “pour soi” et envoie d’innombrables lettres lors de ses fréquents voyages. Elle note, rapporte, “vole” ce que le hasard lui offre…

 

En 2011, elle publie, chez Couleur livres, dans la Collection Je, une suite de récits ramenés de “là-bas”, “Le rire de Shéhérazade” (avec l’aide du Fonds national de la littérature). Trois ans plus tard, elle publie « Fenêtres sur cœur » aux Editions Traverse. Mille façons d’aimer. Chaque nouvelle ouvre une fenêtre sur ces vies fragmentées de notre temps où l’amour est bancal et son désir toujours plus intense

 

Marie Bruyns écrit des récits où la fiction met en scène la réalité d’un monde bouleversé et nous la renvoie concentrée, c’est-à-dire cruelle. La douleur, la guerre, la misère sont des évidences peu représentables dans les seuls faits. L’auteur raconte donc, sans trahir mais en dilatant ça et là des faits, des situations, des personnages…

 

Marie Bruyns pose un regard lucide, sans clichés, bouleversant souvent, sur les tentatives et les difficultés des « expats » humanitaires dispersés à travers le monde. Ils sont là pour soigner, consoler, restaurer dans leur dignité les populations fragilisées par la faim, la guerre ou la maladie. Mais ils trouvent toujours autre chose : une part d’eux-mêmes insoupçonnée, les grandeurs et les absurdités des hommes reliés dans l’extrême.

 

A travers des nouvelles d’Afghanistan, du Libéria, du Soudan, du Congo et d’ailleurs, l’auteur nous fait mesurer l’abîme qui sépare les mondes développés de ceux qui se débattent pour survivre. Elle dissèque au scalpel les réalités du terrain. Sa sensibilité de médecin et de femme nous invite à faire, avec elle, un grand écart quelquefois douloureux.

Une grande Dame ! Merci.

 

Daniel Simon

 

 

 

 

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